anti nucleaire

Uni ou scindé : le front antinucléaire politicien perdurera

Dans le journal « Libération » du 18/06/10 on peut lire ceci :

« Dans le camp pro-Lhomme, on réclame une réelle représentativité des militants de terrain, plus de démocratie… Pour les salariés en place, il est temps de s’atteler à d’autres tâches, la page Lhomme étant tournée. Irréconciliables ? A bout, les deux camps rêvent d’une scission en bonne et due forme. « Finalement, c’est peut-être une bonne chose, tout va s’éclaircir », espère Michel Guéritte qui porte une motion de refondation radicale. « Si le directeur, le directeur financier, et les administrateurs putschistes sont toujours en place le 21 juin, alors le réseau sera définitivement discrédité », confie Stéphane Lhomme, qui refuse de participer à l’AG. La branche « radicale » qu’il mène avec Guéritte pourrait créer dès dimanche une autre structure antinucléaire. Et drainer des milliers d’adhérents. »

Rien de surprenant dans cet article. Il est toujours question de querelles d’appareil et d’opposition pipole entre grandes gueules voulant monopoliser la parole. Si le traitement médiatique du débat se confine à ces aspects superficiels, ne posant pas même des questions soulevées par les Amis de la Terre [1] ou Stop Fessenheim sur les délais de sortie réelle autrement dit la nature de la fameuse « radicalité » dont ce petit monde se réclame, on aura la confirmation de l’absolue stérilité du RéZo comme de sa variante sans programme proposée par Guéritte, Didier Anger, Stéphane Lhomme et d’autres.
Cela étant cette confirmation est-elle vraiment indispensable ? Sur des mois de crise, les problèmes principaux sont restés soigneusement balayés de revers de mains : rapport à l’écologie généraliste, ambivalence de la charte, dérives caritatives et dilution voire gommage total des enjeux politiciens et institutionnels sous-jacents.

Qu’elle soit unique ou scindée, on en restera à une bureaucratie démagogique pratiquant sa langue de bois, son obstruction aux discordances, pour drainer donnateurs et médias dans une soupe dont l’opposition au nucléaire se voulant « rassembleuse » de tout et de n’importe quoi (épiciers, énergistes, partis politiques) restant cantonnée aux symboles des traditions « militantes », puisqu’il y a opposition structurelle entre la compromission interne des appareils « représentatifs », l’éternel « appel aux dons » érigé en profession, avec l’esprit de résistance voire d’insurrection, par définition « politiquement incorrect », « intégriste » à sa façon, et qui par nature effraie le bobo.

Par ailleurs il demeurerait stupéfiant que Brousse et Guéritte ne parviennent pas à s’entendre pour continuer ensemble à stériliser la lutte contre le nucléaire, puisqu’au-delà des excès juridiques et patronaux, ils sont exactement sur la même ligne revendicative fondée sur le plus grand commun dénominateur, à savoir la « décision » [2] de sortie du nucléaire, cheval de bataille des Verts-Europe Écologie qu’ils ont pris pris soin l’un comme l’autre de ne surtout pas évoquer dans leurs joutes gesticulatoires à se revendiquer « radicaux ».

Les faux-débats de cette Assemblée Générale s’annoncent-ils comme le premier épisode de la grande farce électoraliste à laquelle il nous faut nous attendre dans les deux années qui viennent ? En dépit de son échelle réduite tout semble le confirmer.

Agrégat de boutiques politiciennes en tous genres, s’opposant sur la façon de mettre en scène une simple « décision » de sortir du nucléaire, trainant comme de vieilles casseroles leur turpitudes partisanes passées, leurs calculs stratégiques multicartes, leurs conceptions déjà toutes faites mais manifestement inopérantes dans la durée de la meilleure façon de marcher, la militance de bon ton se réunit une nouvelle fois cette année en conclave, pour aider sa parentèle partisane de gauche et de droite à peaufiner sa stratégie « associative » et cerner les termes démagogiques du prochain tournois quinquénal.

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